Voici quelques uns des personnages les plus illustres de l'histoire de Montmirail.
Petit fils de Guillaume Gouët IV, il participa avec d'autres seigneurs percherons à la tristement célèbre 4e croisade qui, détournée de son but initial, ne parvint jamais à Jérusalem et se termina par le pillage de la capitale byzantine, Constantinople.
Le chroniqueur Geoffroy de Villehardouin, dans son récit des évènements, nous le présente comme un "moult haut baron de France" (II-4), cousin des comtes Louis de Blois et Etienne du Perche, et frère du comte Hervé de Nevers. Il n'a pas pris part au sac de Constantinople puisque après la prise de Zara par les croisés pour le compte des Vénitiens, il est envoyé en messager en Syrie.
Il se rend ensuite dans la capitale byzantine en compagnie d'Etienne du Perche où il est accueilli par l'empereur latin Baudoin "qui moult les honora et fut moult en liesse de leur venue" (LXX-315). Il meurt en 1295 devant le siège d'Andrinople : "Hélàs ! comme douloureuse perte là fut faite ! Là furent perdus [...] Estienne del Perche le frère du comte Geoffroy, et Renaus de Monmirail le frère du comte de Nevers..." (LXXXI-361). Geoffroy de Villehardouin, "La Conquête de Constantinople"
Comme son père Louis, Jean de Bruges, seigneur de la Gruythuyse et comte de Winchester, mène une carrière militaire au service des ducs de Bourgogne : en 1477 il est l'un des chefs de l'armée qui marche contre Tournai ; en 1478, il conduit des troupes au secours d'Ypres, menacée par le roi de France. Mais en 1479 il tombe entre les mains de ses ennemis et c'est alors que, gagné par les avances de Louis XI, il se met au service de la France.
Après de nombreux combats menés pour Charles VIII, il est nommé gouverneur puis capitaine général de Picardie. En 1505 il épouse -en troisième noce- la fille de Jean de Melun et d'Isabeau de Luxembourg, Marie, alors âgée d'une dizaine d'année. Pour immortaliser ce jour, un vitrail qui les représente est placé dans le choeur de l'église de Montmirail. Il mourut 7 ans plus tard, à Abbeville où il sera enterré en l'abbaye de St-Riquier.
Marie de Melun épousa en 1514 le fameux maréchal de La Palice et mourut en 1552. Son corps a été inhumé dans la chapelle du château de Lapalisse mais son coeur repose dans l'église de Montmirail, en un petit monument de pierre blanche.
Né près des Andelys, dans l'actuel département de l'Eure, reçu arpenteur royal en 1777 puis architecte, Ursin Barbay arrive à Montmirail en 1783 à la suite de Philippe Martin Mengin de Bionval, le nouveau seigneur, lequel fait canaliser la petite rivière de Braye pour l'exploitation de sa forêt.
Notaire et procureur fiscal, puis contrôleur des actes sous l'Ancien Régime, il prend activement part aux évènements de la Révolution et devient le premier juge de Paix du canton. Géomètre, il travaille parallèlement à relever les plans des terres de Montmirail ou du Luart.
Il imagine et fait réaliser par la verrerie voisine du Chesne-Bidault (au Plessis-Dorin) des sphères célestes et terrestres qu'il aurait présenté lui-même au premier Consul Bonaparte.
Il publie en 1817 un petit traité élémentaire d'astronomie et de géographie. Retourné aux Andelys à la fin de sa vie, il meurt néanmoins dans sa maison de Montmirail en octobre 1824.
Né à Montmirail d'un père clerc de notaire, Maurice Loutreuil devient orphelin de mère quelques mois plus tard. Il suit les cours de peinture de Jules Hervé-Mathé au Mans avant de partir pour Paris en 1910. Il y poursuit sa formation auprès de Jacques-Ferdinand Humbert et Gabriel Ferrier.
Une
bourse lui permet de partir en Italie au printemps 1914, séjour écourté
à cause de la guerre. Menant une vie misérable, il voyage sans cesse,
en Afrique, dans le sud de la France, en Allemagne mais revient
régulièrement à Paris où il est un familier de Montparnasse et de
l'Ecole de Paris. Il expose aux Salons d'Automne, au Salon des Tuilerie
en 1923 et participe à la création du Salon de l'oeuvre anonyme.
Il meurt à 40 ans des suites d'une maladie contractée au Sénégal. Son nom a été donné à la salle d'exposition de Montmirail consacrée principalement à la Peinture.
Roland Guyot, plus connu sous le pseudonyme de Dagadès, est né à Montmirail en 1933. Après y avoir passé son enfance, il a été employé de chemins de fer avant de devenir instituteur. Ayant toujours été près de la nature, il est normal que celle-ci soit un thème privilégiée de ses poèmes. Son style est simple, bref et précis. Il est l'auteur d'une trentaine de recueils de poésie, dont "Dans cette nuit", "Ouverts", "Semis" ou "Tout ce qui résiste". Il est mort au Mans en 2001.
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| Suite à une décision du conseil municipal en
1962, le blason des sieurs de Montmirail ayant participé à la
4ème croisade est adopté comme blason de la ville. |
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| Vitrail représentant le mariage de Marie de Melun et Jean de Bruges qui
a eut lieu à Montmirail. Ce vitrail très bien préservé est placé dans le
choeur de l'église du village. |
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| Bel exemple d'un des globes en verre conçu par Ursin Barbay et fabriqué
à la verrerie de Montmirail au Plessis-Dorin. (Collection Musée de Montréal - Canada). Ursin Barbay fut une figure importante de Montmirail aux XVIIIe et XVIIIe siècles. |
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| Auto-portrait de Maurice-Loutreuil. (copie de M-C CALVET) |
Un poème de Dagadès |
| Assis sous les arbres Mains croisés Enserrant leurs genoux Derrière les volets Une femme inclinée Essorant ses cheveux Femmes assise lisant L'index sur la tempe Un pied nu lissant l'herbe Le réveil qu'on remonte Poussière sur la lampe Les souliers sous le lit L'hiver au jardin La bêche qui rouille Parmi les mottes blanches Pas pesants le troupeau Chien langue pendante Et puis l'homme tout vouté Poussières qui flottent Une femme ses doigts Dans les fleurs qui flambent Sous son parapluie La vieille tout en noir Toits d'ardoise qui luisent Toc sur les vitres Comme elles se cognent les mouches Tombe vole la neige Sur la route blanche Rien qu'un homme |